L’Esprit des Lieux – Quand l’âme d’un lieu guide la création
En latin, Genius Loci signifie littéralement « l’esprit du lieu ». Dans notre démarche, c’est un principe fondateur : comprendre l’histoire, la topographie, la lumière, les sons et même les odeurs d’un site avant de tracer la première ligne
Environnement durable
Publié le 29 septembre 2025
Le paysage comme maître d’œuvre
Le paysage, première architecture
Avant tout geste humain, avant tout plan tracé, il y a le paysage. Reliefs, vents, cours d’eau, sols, végétation, lumière… Ces éléments composent déjà une architecture naturelle, dont chaque projet devrait être l’héritier. Trop souvent, la construction s’est pensée contre le paysage, dans une logique d’effacement ou de domination. Aujourd’hui, face au dérèglement climatique et à la recherche de durabilité, il est temps de redonner au paysage son rôle de premier maître d’œuvre.
Composer avec les forces du site
Prendre le paysage pour guide, c’est d’abord l’observer. Comprendre comment le soleil parcourt le terrain, comment les vents dominants circulent, comment l’eau s’infiltre ou s’accumule. C’est identifier les lignes de force d’un lieu – une colline, un arbre centenaire, un horizon – et les intégrer comme des éléments structurants du projet.
Cette démarche permet non seulement de réduire l’empreinte environnementale (en limitant les terrassements, en tirant parti des ressources naturelles), mais aussi de créer des bâtiments qui semblent avoir toujours été là, en dialogue harmonieux avec leur environnement.
Une architecture-paysage
Quand le paysage devient maître d’œuvre, les frontières s’effacent entre construit et naturel. Les toitures végétalisées prolongent les prairies. Les patios s’ouvrent sur des jardins intérieurs. Les matériaux – pierre, bois, terre – sont choisis pour leur ancrage local, leur capacité à s’inscrire dans les teintes et textures du site.
Le bâtiment n’est plus une entité isolée, mais une pièce dans une composition plus vaste. Il participe à l’écosystème en apportant de l’ombre, en recueillant l’eau, en favorisant la biodiversité.
Une dimension sensible
Le paysage ne se vit pas seulement avec les yeux, mais avec tous les sens. Le bruissement des arbres, le parfum des fleurs, le grain des pierres façonnent des expériences qui nourrissent la mémoire. En architecture, le paysage peut devenir un vecteur émotionnel aussi puissant qu’une façade ou qu’un volume.
En travaillant avec ces éléments sensibles, l’architecte ne crée pas seulement des espaces fonctionnels, mais des lieux habités, où chacun se sent relié à quelque chose de plus grand que lui.
Le paysage, gardien de l’avenir
Face au réchauffement climatique, le paysage est aussi une protection. Les arbres régulent les températures, les sols perméables limitent les inondations, la végétation recrée des microclimats. Concevoir avec le paysage, c’est anticiper, résister, protéger.
C’est comprendre que la durabilité ne s’improvise pas dans une norme technique, mais se construit en symbiose avec ce que le site a déjà de résilient.
L’esprit des lieux comme fil conducteur
Prendre le paysage pour maître d’œuvre, c’est finalement appliquer à la lettre l’esprit des lieux : écouter, observer, comprendre avant d’agir. L’architecte devient médiateur entre nature et culture, traducteur d’un site en espace habité.
Chaque projet ainsi conçu n’est pas une rupture, mais une continuité. Il ne cherche pas à imposer une identité extérieure, mais à révéler celle, silencieuse et puissante, qui existe déjà.