L’Esprit des Lieux – Quand l’âme d’un lieu guide la création

En latin, Genius Loci signifie littéralement « l’esprit du lieu ».
Dans notre démarche, c’est un principe fondateur : comprendre l’histoire, la topographie, 
la lumière, les sons et même les odeurs d’un site avant de tracer la première ligne

Culture

Publié le 29 septembre 2025

Le land art : inscrire l’éphémère dans le paysage

Photo header - Le Land Art

Né dans les années 1960, le land art est un mouvement artistique qui utilise la nature comme support et comme matière première. Les œuvres, souvent monumentales, sont réalisées à partir d’éléments naturels–pierres, sable, bois, eau–et sont conçues pour interagir avec leur environnement. Elles sont par essence temporaires, évoluant ou disparaissant au gré des saisons et des intempéries. Ce rapport à l’éphémère et à l’inscription dans un site précis apporte une perspective précieuse sur la manière de penser l’architecture.

Comme le land art, un bâtiment peut chercher à dialoguer avec son environnement plutôt qu’à s’y imposer. Les formes, les matériaux et les orientations sont alors choisis en fonction du paysage, de la lumière, du relief, mais aussi du cycle de la nature. Le land art invite aussi à considérer le processus de création comme une expérience en soi. L’artiste ne travaille pas en atelier : il est sur le terrain, soumis aux contraintes et aux imprévus du lieu. De la même manière, l’architecte attentif observe, mesure ressent et adapte son projet aux spécificités du site. Cette immersion dans le contexte permet de créer des espaces qui semblent avoir toujours appartenu à l’endroit où ils se trouvent. La temporalité est un autre point commun.

Photo 1 - Le Land Art

Dans le land art, la dégradation de l’œuvre fait partie intégrante de son existence. En architecture, si la pérennité reste un objectif, accepter que les matériaux vieillissent, que la lumière change ou que la végétation évolue autour du bâtiment permet de concevoir des lieux vivants, capables de se transformer sans perdre leur essence. En s’inspirant du land art, on apprend que l’architecture peut être à la fois ancrée et mouvante, durable et ouverte au changement. C’est une invitation à créer des projets qui ne figent pas le paysage, mais qui s’y inscrivent avec humilité, laissant à la nature le dernier mot dans la conversation.